Les Togolais pris dans une embuscade PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Lo Presti François   
Samedi, 09 Janvier 2010 20:06

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Capture de l'écran TV : Alaixys Romao après l'attaque du bus du TogoTriste et dramatique nouvelle peu avant le début de la CAN2010. Hier le bus de la sélection togolaise est tombé dans une embuscade des rebelles appartenant aux Forces de libération de l’Etat de Cabinda (Flec) qui ont revendiqué l'attaque. La sélection nationale du Togo déplore 2 tués et plusieurs blessés. Le chauffeur du bus transportant les bagages de la sélection est la première malheureuse victime décédée. Aujourd'hui vers 16h00 arrive la confirmation du décès de deux autres personnes (décédés tous deux vers 4h30 ce matin de blessures par balles au ventre): l'entraîneur-adjoint (entraîneur des gardiens) Abalo Amélété et l'intendant chargé de la communication Stan Ocloo. Parmi les blessés, plusieurs sont dans un état grave et notamment le gardien de but de Pontivy Kodjovi Obilalé et le défenseur du Vaslui FC (Roumanie) Serge Akakpo. Le milieu de terrain Alaixys Romao est indemne.

Rappel bref des faits : La sélection togolaise était partie dans deux bus du Congo-Brazzaville où ils avaient effectué leur stage de préparation à la CAN. Ils partent en direction de l'enclave de Cabinda où vont se dérouler les matches de leur Groupe. Ils arrivent à la Frontière. Les formalités d'usage à la frontière venaient d'être accomplies. Les bus était escorté par des policiers angolais. Le drame est survenu vers 15 heures. Mais laissons Jacques-Alaixys Romao raconter les événements (dans L'Equipe n°20272): "Hier après-midi, on a quitté Pointe-Noire, au Congo, où nous étions en stage de préparation, pour rallier l'Angola et l'enciave de Cabinda où nous devions jouer nos rencontres du premier tour de la CAN. A notre arrivée à la frontière entre les deux pays, une incroyable escorte militaire nous attendait : les soldats étaient cagoulés et lourdement armés, certains tenaient même des grenades dans les mains. Au départ, on ne comprenait pas trop pour quoi on déployait autant de forces pour une simple équipe de football ... C'est là qu'un de mes coéquipiers nous a dit que cet endroit était réputé très dangereux, qu'il était le repère de rebelles. On se demandait alors pourquoi on nous faisait passer par là ! Cinq minutes après avoir franchi la douane et pénétré dans l'enclave de Cabinda, les premières balles ont commencé à fuser. .. On s'est jetés à terre, alors que les échanges de tirs s'intensifiaient entre notre escorte et les personnes qui nous attaquaient. Sur le moment, mon seul réflexe a été de prier. De toute façon, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? C'était impressionnant, on entendait les balles frapper la carrosserie et les vitres tombaient autour de nous. En plus, notre chauffeur a semblé très gravement touché, il s'est effondré et notre car s'est donc retrouvé immobilisé sous le feu des balles. Un premier militaire a essayé de faire redémarrer le bus mais, visiblement, il ne savait pas conduire et il a fallu qu'un second militaire prenne le volant pour qu'on s'échappe de cette situation avec une partie du convoi militaire. Cela a duré plus de cinq minutes...
On a ensuite roulé une dizaine de minutes jusqu'à un village où on s'est rendus à l'hôpital mais ce dernier n'était pas en mesure de s'occuper convenablement de tous les blessés. On a donc rallié l'hôpital de Cabinda. On ne sait pas qui nous a attaqué, on n'a pas eu le temps de voir d'où provenaient les tirs, mais c'était un véritable guet-apens qui semblait bien organisé... On était clairement visés. Pour preuve : le car qui transportait nos équipements s'est fait attaquer quelques minutes avant le nôtre. Trois personnes, qui sont indemnes, se trouvaient à son bord et dès que les assaillants ont vu que nous, joueurs, n'étions pas dans le bus, ils ont immédiatement arrêté de tirer et attendu notre passage... Concernant la CAN, personnellement, je compte boycotter la compétition. On vient ici, pour jouer au football et on se fait tirer dessus. Comment voulez-vous que je pense encore au sport alors que je garde en tête l'image d'un de mes coéquipiers baignant sans son sang? On a, en plus, le sentiment que ça aurait pu être encore bien pire...
" (entretien recceuilli par Bilel Ghazi pour L'Equipe)
Par la suite, Mustapha Salifou, le ministre des Sports d'Angola parle de l'attaque comme d'un "accident malheureux"...Les informations sont contradictoires tout au long de la journée. Alors que les joueurs pensaient que Kodjovi Obilalé était décédé, on apprend qu'en fait il a été transporté dans un état grave à l'hôpital Millpark à Johannesburg en Afrique du Sud (Considéré comme le meilleur hôpital en traumatologie d'Afrique du Sud). En fin d'après-midi, le Togo se retire officiellement de la CAN. Après 20h, Hubert Velud, le sélectionneur du Togo confirme que l'équipe nationale du Togo rentrerait à Lomé le dimanche 10 au matin. Plusieurs nations envisageraient de quitter la CAN (Mozambique, Côte d'Ivoire, Ghana...). Robert Malm, l'ancien attaquant international togolais et ancien joueur de Grenoble déclare sur Europe 1 "C'est invraisemblable. Pour une CAN, se faire canarder comme des chiens, c'est inadmissible. On ne peut pas laisser passer ça. J'ai eu Thomas Dossevi au téléphone, il est très choqué. Moi, à leur place, je déclarerais forfait. On ne peut pas penser à la compétition. Et pour la Coupe du Monde, est-ce que le continent africain est capable d'assurer la sécurité d'une telle compétition? On verra dans les prochains jours."

 

La sélection Togolaise se recceuille

 
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